
Il y a tout juste un an, j’ai vécu un vol horrible en revenant de Milan. Une heure 30 de pure peur, dans une tempête, l’avion était secoué, des passagers vomissaient, les hôtesses ont renoncé à servir les boissons, … Sur Ryanair je ne paie pas les suppléments pour des places côte à côte, nous étions donc tous séparés. Moi sur la première rangée, tremblante et les larmes aux yeux en train d’observer les aller-retour des hôtesses vers le cockpit, croyant lire l’inquiétude sur leur visage, mon mari et mes fils disséminés à d’autres rangées. Je pensais à Gaspard qui devait avoir aussi peur que moi et je me sentais coupable de l’avoir laissé seul et qu’il vive cela. Il s’est avéré que le couple de Flamands assis à côté de lui avait pris soin de lui (ouf, je me sens un tout petit peu moins coupable). Elliott quant à lui s’est levé en plein air pour venir me demander mes écouteurs (même pas peur).
Cette expérience m’a impactée sur le moment et a aussi laissé des traces qui ne s’effacent pas.
J’ai toujours aimé voyager, même très loin et le vol était alors pour moi un moment à passer, pas nécessairement bon car rester enfermée pendant des heures dans les airs ne m’a jamais emballée mais pas non plus particulièrement angoissant. Tant qu’il me permettait d’arriver à une chouette destination, j’étais preneuse. Longs vols jusqu’en Amérique du Sud, escales, vols intérieurs, ça a toujours été le moyen de vivre la découverte, le dépaysement, l’exploration, bref le voyage, un des aspects incontournables de ma vie. Voyager, c’est pour moi un objectif, un désir, un réel besoin…
Quand après cette expérience, je me suis retrouvée paniquée à l’idée de monter dans un avion, je me suis dit que j’avais un gros problème. Mon besoin de découvrir le monde s’est vu contrarié par cette nouvelle peur et c’était vraiment insupportable pour moi. Comme j’ai dit à mon mari, « je refuse de me laisser clouer au sol ».
Nous avons planifié nos vacances d’été, en voiture et en bateau, en Ecosse. Je suis archi-fan des pays du nord et j’ai adoré l’Ecosse, je veux y retourner, mais ce choix était aussi un petit évitement d’un autre séjour initialement prévu en Crète (mais je suis tellement contente d’être plutôt allée en Ecosse !).
Il a donc été rapidement temps de trouver une solution. J’ai commencé par un stage d’une journée, « je n’ai plus peur de l’avion », à Nivelles, destiné à apporter de l’info concernant les avions, les vols et permettre de rationaliser ses peurs. Les résultats sont malheureusement moins probants quand il s’agit d’une phobie en réaction à un événement traumatique, comme ça a été le cas pour moi. Malgré tout, ce stage m’a permis de remonter dans un avion : quelques jours plus tard, je partais à Genève pour le travail. Un vol court, qui s’est bien passé à l’aller et avec une brève turbulence au retour. L’angoisse a pointé son nez…
En octobre, avec Arli, nous avons réservé notre voyage Bliss avec les enfants. Destination le Cap Vert en 5h45 de vol. J’ai donc demandé à mon hypnothérapeute de travailler cette phobie, ce que nous avons fait pendant deux séances d’hypnose conversationnelle. Mais c’était difficile : de me reconnecter à ma peur, de trouver la réassurance, de croire que j’allais réduire l’angoisse. Je sais que le risque est quasi nul de mourir en avion mais j’ai terriblement peur d’avoir peur, des turbulences, de vivre ce qui est arrivé à tel ou tel vol (comme « Peur » dans Vice-Versa, j’ai un catalogue mental de tout ce qui s’est mal passé et est risqué en la matière mais je ne vais pas vous parasiter avec cette liste).
Au moment de partir pour le Cap Vert, j’étais partagée entre une joie des vacances et ma peur d’avoir peur. J’ai suivi les conseils de la formation (choisir une place qui nous convient, à côté de quelqu’un qui nous fera du bien, avec des loisirs, de quoi manger et boire). Je me suis donc installée avec Gaspard et Madeleine, j’ai pris mon rôle de maman à bras le corps et j’ai été la plus rassurante possible pour lui, qui a tout aussi peur que moi suite à l’épisode du retour de Milan, j’avoue que j’ai pris un petit médoc et zou, le vol aller s’est passé. Un petit cauchemar avant le vol retour qui lui aussi s’est bien passé et me voilà de retour au sol pour faire quelques constats.
Je vous raconte cette histoire de manière détaillée car cela me semble important. Les changements ne s’opèrent pas avec une baguette magique. Il faut vouloir que ça change et y croire. Si je n’y croyais pas, je ne serais pas remontée dans l’avion pour Genève et encore moins pour le Cap Vert. J’ai cru aux solutions mises en place. Ensuite, le passage à l’action est nécessaire pour résoudre un problème : m’inscrire à la formation même si la date ne tombait pas très bien et que ça avait un prix, poursuivre avec une aide approfondie individuelle et encore nécessaire avant mon prochain vol. Ca n’a pas disparu, j’ai toujours peur. C’est supportable pour un vol en Europe ou pour le Cap Vert mais serais-je capable de traverser l’Atlantique ? J’ose croire que oui, je vais le faire. Je vais poursuivre ce chemin pour ne pas me laisser couper les ailes par une peur, c’est trop important pour moi. Je choisis d’y mettre de l’énergie parce que voyager m’épanouit.
Je pense que cette manière de voir les choses vaut pour tout ce qui en vaut la peine. C’est aussi notre philosophie chez Bliss d’ailleurs !
Blisskiss
Jess